Commençons par les bases: ceux qui nous nourrissent.

Paradoxalement, c’est un géant de l’agroalimentaire, dont les pratiques commerciales exécrable vis-à-vis des fournisseurs font plus l’unanimité que la qualité de ses produits, qui a popularisé le fait que “bien manger est le début du bonheur”.

Là-dessus, on lui donne raison! Et nous ajoutons que “Consommer autrement, c’est pas du flan” (ce slogan est de nous).

On peut être légèrement agacé par le bobo qui mange bio, crache sur la viande élevée en batterie, se pâme en parlant de ses petits producteurs qui font des bons produits et est légèrement condescendant envers le français moyen, acheteur de supermarché qui mange des steaks accompagnés de salade et de tomates toute l’année.

Si c’est votre cas, sachez que le mode de consommation du bobo en question n’est pas une contrainte qu’il s’inflige à lui-même pour briller en société mais une source d’épanouissement personnel dont il souhaite faire profiter le plus grand nombre, car c’est bénéfique à tous les niveaux.

Avant tout, c’est bénéfique au consommateur. Les achats alimentaires, au lieu d’être mécaniques (remplir son caddie, se nourrir), deviennent une source de plaisir, une sorte de shopping gourmand. Celui qui craque pour un produit de marque, voire de luxe, le fait pour sa qualité et son élégance, mais pas seulement. Le plaisir associé à de tels actes d’achat n’a pas sa source dans le monde physique: c’est le sentiment d’entrer dans l’histoire de la marque qui libère de la dopamine. Bonne nouvelle, chacun peut vivre cette expérience mystique en achetant une betterave ou un crottin de chèvre. L’achat est LE moyen de soutenir des savoir-faire, des valeurs et au final: une entreprise humaine. Ça fait du bien, et en plus, ça rempli le frigo!

Autre avantage pour le consommateur: la simplicité. Le luxe fut d’avoir des biens en abondance. Aujourd’hui, tant les biens abondent qu’il est impossible de les consommer tous. Le luxe, aujourd’hui, c’est d’avoir du temps de loisir. Aller vers une alimentation locale, de saison, c’est réduire ses choix, se simplifier la vie. Faire un tour à la petite épicerie vrac du coin remplir quelques récipients de ses féculents et légumineuses préférées (tarés et étiquetés une fois pour toute) et récupérer un panier de légumes de saison ne prend que quelques minutes, alors que les courses au supermarché prennent toujours une éternité. Et puis la question “qu’est-ce qu’on mange” devient facile à régler: ce qu’on a sous la main! Les plats s’inventent tous seuls.

L’homme fait partie de la nature, mais sa culture l’en distingue. La cuisine est le trait-d’union entre ces deux facettes difficilement conciliables. Voir tomber la pluie est réjouissant, lorsqu’on pense aux cultures qui boivent cette eau goulûment. Manger des produits de saison permet de rythmer l’année de retrouvailles: poireaux, asperges, fraises, courges, poireaux… Se reconnecter avec la nature, c’est bateau, mais ça fait du bien.

Les avantages, ils sont bien sûr aussi pour les producteurs et commerçants alimentaires. Plus le contact est direct avec les producteurs, plus il y a de transparence: vous pouvez vous rendre compte par vous-même du modèle social sur lequel se fonde l’activité que vous sponsorisez par vos achats. Parfois, vous permettez à un producteur de mieux vivre, tout en payant moins cher que dans la grande distribution!

Enfin, il y a des avantages pour le climat, mais ne nous embarquons pas là-dedans, ce serait trop long…

Bref, la cuisine n’est pas seulement une activité personnelle ou familiale, c’est une activité politique, du fait des conditions sociales d’obtention des aliments, et des conséquences écologiques dans le choix des aliments.

Après ce petit cadrage, il est temps de vous présenter nos créateurs de bonheur alimentaire.

La rivoise, production maraîchère à Cergy

La Rivoise Site internet: www.larivoise.fr

Chaque samedi, sur le marché de la Garenne Colombes, nous découvrons les légumes produits et cueillis pour nous par l’équipe de quatre salariés à temps plein et deux salariés à temps partiel (renforcée par un travailleur saisonnier de mai à octobre), généralement accompagnés de sourires et de facéties.

“Notre ferme est située à Cergy, à 30 kilomètres au Nord-Ouest de Paris et aux portes du Parc Naturel Régional du Vexin Français. (…)

C’est dans « ce petit coin de campagne à la ville » que l’ensemble de notre production maraîchère s’étend sur 16 hectares. (…) Le travail de la terre fait partie de l’histoire familiale et s’est transmis de générations en générations. Nos parents, eux-mêmes maraîchers, ont toujours fait de la vente directe sur les marchés. (…) Au fil des années et des évènements de la vie, La Rivoise a évolué mais la vente directe et sans intermédiaires est toujours resté le fil conducteur de notre travail. (…) En faisant le choix de la vente directe à la ferme et sur les marchés de secteur, en livrant des restaurants d’entreprises locaux et des établissements scolaires des environs, notre but est de renforcer le lien producteur/consommateur, de mieux valoriser notre métier, de mettre en valeur la qualité de nos produits (goût, conservation, fraîcheur…). (…)Nous ne répondons pas aux lois d’une agriculture intensive et nous adaptons au mieux la production à votre demande pour vous apporter une diversité de produits toujours en rapport avec les saisons. Pas de fraises, ni de tomates en janvier ; pas de mâche en juin…”

La Caverne

La Caverne

Site internet: lacaverne.co

La caverne est une ferme urbaine installée dans un parking souterrain désaffecté dans le 18ème, à Paris. En quelques années, le parking est devenu fertile, produisant dix tonnes de produits bio par an (champignons, endives…) et plus d’une dizaine d’emplois pérennes. En prime, La Caverne a apporté une dynamique positive dans le quartier, plus connu pour ses camps de migrants, ses rixes et trafics en tous genres que pour ses starts up. Pour mener à bien un tel projet aussi fou, il faut autant de logique que de fantaisie, d’humilité que d’audace. Chapeau bas aux deux fondateurs, qui n’ont même pas attendu d’avoir atteint la trentaine pour changer le monde.

Biocoop

Biocoop

Site internet: www.biocoop.fr

Le réseau de magasins spécialisés bio que nous connaissons aujourd’hui est né dans les années 70 d’un mouvement de consommateurs, désireux de soutenir une agriculture biologique tout en assurant leur approvisionnement en produits bio. Quand on fait ses courses pour la première fois chez Biocoop, on remarque tout d’abord les prix, qui vont de cher à exorbitant. Mais passé la première impression, on découvre que les produits de base, en vrac par exemple, sont abordables. Et ils ont un avantage: ils sont honnêtes et équitables. Honnêtes sur les ingrédients et la provenance; équitables car ils rémunèrent les salariés de Biocoop et les producteurs. Ce qui devrait être la norme est aujourd’hui l’exception: sauf preuve du contraire, tout achat cache un coût social et environnemental indécent. Le statut de coopérative de Biocoop garantie que les intérêts collectifs à long terme priment sur les intérêts tout court. En achetant chez Biocoop, on s’offre un peu de douceur dans ce monde de brutes, à soi et à son prochain. Finalement, il y a de quoi s’interroger: Pourquoi payer moins cher ailleurs? Spéciale dédicace au Biocoop des Bruyères - unexpected shopping!